Transfert de compétences : vers un abandon des hommes prostitués à Bruxelles ?

Bruxelles, mercredi 14 mai 2014 — L’Asbl ALIAS, seule association de soutien psycho-médico-social aux hommes prostitués à Bruxelles est menacée de licencier une partie de son personnel à partir de janvier 2015, faute de financement. L’association interpelle aujourd’hui les futurs ministres bruxellois qui auront la charge de cette question après les élections : sont-ils prêts à abandonner en rue plus de 200 hommes prostitués ?

Cela fait 5 ans que les deux travailleurs sociaux de l’Asbl ALIAS accompagnés également de bénévoles arpentent les rues, les bars, les parcs de la capitale à la rencontre des hommes prostitués, cumulant plus de 220 soirées de travail de nuit. Avec leur coordinatrice, ils ne sont que trois permanents au total pour assurer la nuit, le travail de rue et le jour, les autres services offerts aux hommes prostitués : permanences d’accueil, permanences de dépistage IST-SIDA et accompagnement individuel pour les démarches sociales et administratives.

Depuis l’ouverture de l’association en 2009, l’équipe a touché plus de 500 hommes prostitués différents à Bruxelles. Les chiffres ont quadruplé depuis la création de l’Asbl Alias : en contact avec 50 hommes prostitués en 2010, l’équipe en a rencontré plus de 200 en 2013. Un travail lourd et minutieux qui implique une présence de terrain sur les lieux de drague, présence que cette association est la seule à mettre en place à Bruxelles. Objectif : tisser des liens de confiance avec ce public qui semble pourtant invisible à la plupart d’entre nous. Le travail de rue est aussi une porte d’entrée pour un accompagnement global et adapté des hommes prostitués en terme de prévention des maladies sexuellement transmissibles et du SIDA et de réduction des risques liés à la pratique de la prostitution.

« Dix nouvelles personnes arrivent à l’association chaque mois : certaines veulent voir un médecin mais n’ont aucune idée de comment s’y prendre ou pensent qu’elles n’y ont pas droit, d’autres à la rue cherchent un logement à un prix abordable depuis des mois, …», explique Katia Senden, travailleuse sociale chez Alias. « Nous accompagnons nos bénéficiaires à s’y retrouver dans les rouages administratifs très complexes. Ca permet aussi au personnel des services (sociaux, de santé, administratifs, …) de mieux comprendre les difficultés de ce public vulnérable. Si ALIAS disparaît, des centaines d’hommes prostitués se retrouveront dans la nature, en rupture totale avec la société. »

Reconnue en tant qu’experte du public des hommes prostitués, l’ASBL Alias ne bénéficie pourtant, malgré son travail indispensable, d’aucun subside structurel et pérenne. Sa survie est remise en cause chaque année. Les besoins des bénéficiaires ne cessent d’augmenter face à une équipe qui va en diminuant.

L’avenir de l’association est désormais menacé avec le transfert de compétences aux Régions. Pourtant, offrir un accompagnement adapté aux hommes prostitués en travaillant sur la réduction des risques liés à la pratique de la prostitution est un enjeu de santé publique que les futurs ministres bruxellois ne peuvent nier. Alias demande donc à avoir une reconnaissance institutionnelle et financière pérenne pour les 5 années à venir afin de garantir l’emploi de ses 3 travailleurs et d’engager un travailleur social supplémentaire pour répondre aux besoins du public. C’est pourquoi l’association interpelle aujourd’hui les candidats bruxellois qui auront la charge de cette question après les élections : sont-ils prêts à abandonner en rue plus de 200 hommes prostitués ?

Contact presse : Françoise Bocken (GSM : 0486/941 758, mail : francoise@alias-bru.be)

Communiqué_de_presse_Alias.pdf

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